L'art persan

L'art persan
Éditeur: Impr. nationale
2011279 pagesISBN 9782330000646
Langue : Français

Vertigineuses merveilles de l'art persan ! L'ampleur souveraine

des ensembles monumentaux édifiés par Timour à Samarkand,

par Shah Abbas à Ispahan, accueille une infinie complexité

décorative et architecturale, superposant à l'harmonie des

courbes un entrelacs de couleurs, de formes et de motifs, géométriques,

scripturaires, animaliers ou végétaux, l'éclat des

ors et des miroirs, des mosaïques de faïence et des kashis turquoise,

outremer ou vieux-rose... hymne au pouvoir temporel

et à l'Au-delà rêvé.

Exposer tant de beautés dans leur cadre naturel, montagnes

arides de l'Iran, plaines alluviales de Transoxiane, est

le premier propos du livre. L'éblouissement initial face aux

structures alvéolaires de la Mosquée du Vendredi à Ispahan,

se renforce au fil des vues panoramiques de la cour au bassin

multilobé, du mirhab polychrome ; à Samarkand, voici la profusion

décorative du tombeau de Timour, de la mosquée de

Bibi Khanum, son épouse, de la madrasa Shir Dor. Rayonne

enfin, surenchère de luxuriance et de splendeur, l'oeuvre de

Shah Abbas, Roi-Soleil de la Perse. La Grande Mosquée royale,

le palais des Huit Paradis, le palais des Quarante Colonnes

(Tchéhel Sotoun) et son iwan de verre et d'or, le salon de

musique du palais Ali Kapou : autant de merveilles inouïes,

ineffables, dont la mise en pages révèle la somptueuse majesté

et l'effervescence du détail.

Cette haute civilisation, aux antiques origines, dont le Livre

des Rois (Shah Namé) de Firdousi (940-1020) marque le regain

après deux siècles de soumission aux dynasties arabes,

«conquit ses féroces vainqueurs», seldjoukides, mongols,

turco-mongols, du XI<sup>e</sup> au XIV<sup>e</sup> siècle, au point de marquer de

son empreinte l'Asie Centrale, Bagdad, l'Afghanistan (Hérât).

L'essor, au XVI<sup>e</sup> siècle, de la dynastie iranienne des Safavides

la porte à son suprême épanouissement.

Henri Stierlin décèle les multiples correspondances entre

l'architecture, les arts, l'inspiration des poètes - Omar

Khayyâm, Hâfiz, Nîzami, Saadi - qu'illustrent de précieuses

miniatures, sommets de grâce et de raffinement. Ainsi, tel

tapis à motif en Tchahar Bagh - «quatre jardins» - croisant

à angle droit, en un bassin octogonal, les «quatre Fleuves du

Paradis» (p. 174), reproduit la composition même de la mosquée

Royale de Shah Abbas. De cette forêt de symboles l'auteur

dévoile les mystérieuses résonances, échos du Pentateuque,

du Coran, des grands mystiques Rûmî et Sohrarwardî. Le décor

de faïence où les arabesques d'une végétation immortelle jouxtent

les inscriptions stylisées, dédiées à la trinité shiite Allah,

Mahomet et Ali ; l'arbre Tuba joignant l'ici-bas à la Terre des

Âmes ; les reflets immatériels des iwans et des galeries dans

le bassin aux eaux d'éternité... l'arcane cosmique de l'architecture

figure le passage du monde matériel à la transcendance,

exalte la foi en la résurrection.

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