L'effervescence du vide

«Ce récit est un document.
Par petites touches accumulant les choses vues, les petits
faits vrais, mêlant l'analyse à l'autobiographie, il relate avec
l'objectivité d'un témoin ce que furent "les événements de 68".
Etait-ce une farce ? Peut-être. En tout cas, cette farce aura
duré quinze ans. Mais, bien qu'on l'ait eue si longtemps sous
les yeux, on y avait si peu cru qu'on ne l'avait pas vue.
Sans doute ce récit fait-il comprendre comment a pu se
produire en quelques mois l'effondrement de l'Université.
Mais il montre bien davantage combien cette agitation
n'était que le symptôme tardif d'une crise bien plus ample et
profonde dont on avait entendu les premiers craquements dès
1924.
Une civilisation finissait, alors qu'une autre avait déjà
commencé. On ne se rappelle déjà presque plus la première.
Nous vivons dans la seconde.
Il en est de la civilisation comme de la géologie. Il y a des
plaques tectoniques. D'où venait le vacarme de 68, on ne le
comprenait pas. C'était le bruit que faisait une plaque au
moment où elle allait en recouvrir une autre.»