Divertimento sabbatique

Naviguant entre la Belgique, la France, la Suisse et
l'Italie, l'Angleterre et l'Irlande, jamais loin en pensée de
la Russie ou de l'Amérique, l'auteur nous envoie ses lettres
de vagabond-reporter avec ses menues histoires, comiques,
tendres et insolites, griffonnées sur le chemin. Mêlant
lectures, voyages, rencontres et anecdotes, il puise à cette
source d'inspiration joyeuse, frottant ses guêtres à cette
inimitable école littéraire buissonnière : le gossip , les potins,
«dernier témoignage historique valable qu'il nous reste»,
selon Stendhal, «seule chose, avec la métaphysique, pour
laquelle il vaille la peine de vivre», disait Brodsky.
On voyage ainsi aux côtés de l'écrivain dans le vieux
Naples, sur les traces d'amours toujours vivantes ; dans les
faubourgs de Londres, où il visite le souvenir de Joseph
Brodsky ; à Mantoue, tandis qu'il accompagne en complice
V. S. Naipaul sous le feu roulant des gardiens de l'ordre
littéraire ; à Rolle, où il partage un papet vaudois avec son
voisin Jean-Luc Godard dans le café des habitués...
Dans sa petite chambre de la ferme des Rousses, à
Genthod, sur les bords du Léman, il relève avec amusement
les perles dogmatiques du Petit Robert et redécouvre avec
bonheur l'étonnante modernité des propos de Tolstoï, de
Joseph Roth, de Sergueï Dovlatov ou d'Ennio Flaiano, qui
surent si bien se moquer de nos préjugés. Enfin, en buvant
une bière avec un chasseur alpin rencontré sur le quai de
la gare à Lyon, notre reporter trouve dans un poème de
Charles Cros - La Vision du Grand Canal Royal des Deux Mers
- le nouvel hymne national de la France de demain.