Le petit bègue et la femme du bac à sable

Peut-on mourir de chagrin ? «Oui !» a répondu
l'enfant.
Il aura tout essayé pour échapper à l'Enfer de son
pensionnat. Le troc de ses repas à la cantine contre
une astuce pour avoir une crise d'appendicite. La
mise à exécution de son impensable suicide à 8 ans,
jusqu'à son évasion de sa «prison» en parcourant à
pieds et en tenue légère 25 kms dans le froid glacial
de l'hiver.
Son choc émotionnel, fécondera l'inattendue
et l'implacable sentence : Le petit Guy-Ange
deviendra le petit Bègue !
Il vivra son calvaire tout seul, sans rien dire -et pour cause- jusqu'à l'âge de 17 ans
où, au bout de ses forces, le bélier bègue, timide, hyper-pudique mais pragmatique,
expérimentera un incroyable contre-choc, une véritable thérapie nucléaire : se faire
violence en s'obligeant à jouer la comédie, tout nu devant un public !
La ruse fonctionnera parfaitement, avec cependant une condition sine qua non : rester
toute sa vie en situation d'Acteur !
Etant donné la difficulté de son stratagème, le simulateur s'inclinera très vite devant
les portes fermées de «la grande famille ô combien privée du cinéma» en concevant
toutefois une nouvelle stratégie : puisque sans relationnel il est quasiment impossible
de devenir comédien devant une caméra, pour ma survie verbale, tel le clown cachant
sa timidité derrière son gros nez rouge, je vais devenir «Acteur sans caméra» sur la
scène de mes vies professionnelles !
Débute alors un parcours ahurissant où il enchaînera plus de 50 «rôles» dont : valet de
chambre chez Philippe Bouvard, animatrice sur minitel rose, nurse, super Policier du
G.I.P.N, véritable acteur dans «Taxi 1...Sous le soleil...Stress...Destiny», cuisinier
chez Jean-Pierre Foucault, Alice Dona, Carlos et bien d'autres encore.
Ce livre autobiographique est aussi le cri d'injustice d'un homme qui a cru pouvoir
à la fois suivre son étoile et préserver son Amour. Un mea culpa sur l'égoïsme
masculin, une acceptation de ses responsabilités avec cependant son mot à dire
sur «la punition».
Peut-on mourir de chagrin ? «Oui !» répond l'adulte à sa Femme du bac à sable...