La relecture de l'oeuvre par ses écrivains mêmes. Vol. 2. Se relire contre l'oubli ? (XXe siècle)

Le premier volume a défini en propre la relecture du XVIII<sup>e</sup> au
XX<sup>e</sup> siècles. Prise entre hier et demain, entre la tentation de refaire
et le risque de défaire, la relecture est une forme de retour sur
l'oeuvre publiée. Les modalités en sont nombreuses. Le premier
volume a privilégié la relecture par les mots, que l'écriture soit ou
non de l'ordre de la glose. Le second s'ouvre à l'édition, au rôle
nouveau des éditeurs et des directeurs de collections. Aux gestes de
l'auteur quand il se transforme, le temps d'une anthologie ou de la
conception d'une oeuvre complète, en co-éditeur de son oeuvre.
Aux enjeux modernes de telles entreprises. Aux livres brisés,
morcelés des années 70.
Le XX<sup>e</sup> siècle est celui des catastrophes et des révisions
déchirantes, parfois accomplies dans le silence et la censure. Les
relectures téléologiques se raréfient, la nécessité de l'oubli aussi.
Alors qu'une commune exigence éthique interdit aux poètes
présents dans ce volume toute forme de révision, la relecture de la
prose quitte les marges ou les seuils, elle gagne voire mine l'oeuvre
elle-même, sans cesse reprise, revue, retouchée.