Correspondance 1912-1924 : le bénédictin et l'homme de barre

Correspondance 1912-1924 : le bénédictin et l'homme de barre

Correspondance 1912-1924 : le bénédictin et l'homme de barre
Éditeur: C. Paulhan
2006269 pagesISBN 9782912222237
Format: BrochéLangue : Français

Lorsque Valery Larbaud (1881-1957) s'associe à l'hommage

que La Nouvelle Revue française rend à son directeur, Jacques

Rivière (1886-1925) qui vient de mourir prématurément, il écrit,

pesant chaque mot : « Nous lui devons tous beaucoup : nous surtout,

les premiers collaborateurs de cette publication, nous qui en avons vu

les débuts héroïques et modestes. II nous a donné ses conseils, ses encouragements,

son exemple et, pensée amère aujourd'hui : son temps. Et

jusqu'à la fin, il aura été un de nos appuis et un de nos conseillers : nous

écrivions toujours un peu pour lui, resté notre critique et notre juge ;

nous étions inquiets, anxieux de connaître son opinion, et remplis de

joie lorsque cette opinion était favorable ; car c'était celle d'un esprit

fin, réfléchi, hors des modes, qui ne se laissait ni duper, ni surprendre,

et qui était capable de reconnaître le mérite des ouvrages mêmes qui

allaient contre ses penchants, contre son idéal moral. »

C'est cette relation entre éditeur et écrivain, empreinte d'attentions

et de diplomatie, que montrent les 149 lettres échangées

de 1912 à 1924 entre Jacques Rivière et Valery Larbaud. Celui-ci

est alors l'un des principaux auteurs des éditions de La NRF,

mais aussi l'un des plus sûrs conseillers en littérature étrangère

de la revue : grâce à Larbaud, les oeuvres de Samuel Butler,

William Beckford, Thomas Hardy, Ramón Gómez de La Serna,

arrivent en lecture à La NRF. Attentif, mais voué à une existence

préservée de « bénédictin », Larbaud, toujours en voyage, toujours

souffrant, sort parfois de sa réserve pour défendre ardemment

les écrivains qu'il admire, comme James Joyce - que Jacques

Rivière, lui, n'apprécie guère - ou Saint-John Perse. Il reste

cependant très à l'écart du groupe de La Nouvelle Revue française ,

emmené par André Gide et « l'homme de barre » (Jacques Rivière)

qui s'emploient à fonder, non sans tensions, une nouvelle morale

intellectuelle.

Cette correspondance croisée montre, au-delà de la « grande

et fidèle amitié » que Larbaud et Rivière cultivèrent avec soin, les

rouages de la fabrication, mois après mois, de la jeune NRF : l'incessant

travail de lire les manuscrits, de relire les épreuves, de

traquer les coquilles, de compenser les retards, de rattraper les

occasions perdues, de s'attacher quelques justes réussites, le dispute,

pour l'un comme pour l'autre, à l'essentiel qui est de composer,

malgré l'inquiétude et la fébrilité, son oeuvre propre...

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