L'âme symboliste : les fleurs mystiques des poètes oubliés

Les origines du mouvement symboliste se
situent entre 1880 et 1920. Il est issu de divers
courants philosophiques et des oeuvres de
poètes précurseurs, tels Baudelaire et Verlaine.
Cette étude replace la poésie symboliste à
l'ouest et à l'est de l'Europe dans le contexte
historique et littéraire des deux dernières
décennies du XIX<sup>e</sup> siècle. Elle cherche d'abord
à montrer comment les poètes symbolistes,
affectés par un dégoût d'eux-mêmes et de
désespoir en la vie, se sont d'abord laissés aller
au spleen et à une complaisance marquée pour
la décadence. Elle présente, ensuite, leur
remontée vers la lumière sous l'effet de
l'émergence de l'âme qui les anime et les pousse à créer. Les poètes font un
travail sur leur âme, la plaçant au centre d'eux-mêmes et du monde, par leur
culte du beau, la création d'atmosphères symbolistes, leur quête de purs au-delàs
infinis et indéfinis, leur rapport à l'éternel féminin, la certitude qu'existe
un monde où règne l'absolu. L'essai s'achève sur les apports du symbolisme à
la poésie, à savoir la redéfinition du rôle du poète, l'élaboration d'une nouvelle
poésie dite «pure», la volonté de faire du symbolisme un idéalisme, voire un
mysticisme. La poésie symboliste permet au poète, comme à son lecteur, de se
sentir en symbiose avec l'univers et son Créateur, et d'atteindre un au-delà de
la création tout entière dans lequel le poète va se reconnaître.
Partie d'une enquête exhaustive de la vie et de l'oeuvre du poète géorgien
Térénti Granéli, cette étude tend à montrer comment le mouvement symboliste
européen est, peu à peu, passé de la recherche d'idéalisme à la quête mystique.
Ce travail explore le cheminement de l'âme symboliste, ses diverses
manifestations et l'objet ultime de sa quête : créer de la «poésie pure», dans
les oeuvres des poètes européens, russes et géorgiens, connus ou moins connus,
de ce courant, des années 1880 à l'aube du XX<sup>e</sup> siècle.