Etre anticapitaliste aujourd'hui : les défis du NPA

Quel est le sens de la décision prise par Olivier
Besancenot et la Ligue communiste révolutionnaire
(LCR) de créer le Nouveau parti anticapitaliste
(NPA) ? Peut-elle changer la donne à gauche ?
Comment s'articule-t-elle au bouillonnement des
autres foyers de la gauche radicale, également
anticapitalistes, mais dont beaucoup récusent
l'organisation en «parti» ?
Philippe Pignarre restitue les fruits de son
enquête auprès des dirigeants et des militants du
NPA. Intellectuel engagé, ancien membre de la
LCR, il remet en perspective les débats - notamment
sur la place du marxisme - qui accompagnent
la création du NPA. Il montre comment ses
initiateurs ont abandonné la conception avant-gardiste
de Lénine et Trotski : le nouveau parti
devra apprendre non plus à faire de la pédagogie
pour «élever le niveau de conscience des
masses», mais, bel et bien, de la politique.
Sa réussite ou son échec dépendront moins de
sa tactique électorale et de ses rapports avec le
Parti socialiste - comme le croient la plupart des
observateurs - que de sa capacité à fusionner
dans la même organisation l'expérience des militants
ouvriers rompus aux luttes syndicales, hantés
par la grève générale, et celle des activistes ,
souvent jeunes, qui expérimentent les moyens de
mettre des grains de sable dans la machinerie
capitaliste.