
Énorme, ferme, le ventre de Hogg s'étalait sous le mien. Son
bras épais, en se dépliant, s'étendit sur mon dos. Je fourrai
le nez dans le tissu, désormais sec, sous son aisselle. La sueur
séchée avait une odeur mi-aigre, mi-douceâtre. Il changea de
position, tenta de glisser son visage sous le mien : son haleine
évoquait l'intérieur d'un congélateur plein que l'on aurait
débranché pendant un mois avant d'ouvrir la porte.
Hogg, de Samuel R. Delany, est indiscutablement un livre important, aux
qualités littéraires remarquables.
Norman Mailer
Hogg brille comme une pierre précieuse dans la boue tiédasse de notre
postmodernité. C'est la mise à l'épreuve systématique d'une seule hypothèse.
Il s'agit de savoir jusqu'à quel point le désir peut envahir la conscience
avant que celle-ci cesse d'être considérée comme humaine.
Bruce Benderson