Anna

Anna est le symbole de toutes les révoltes de toutes les femmes du monde
unies par un lien secret. Dans la Calabre tragique de la moitié du XXe siècle,
Patricia Dao dresse des portraits de femmes dont elle est la complice intime.
Droites comme des I majuscules, elles s'opposent à la tyrannie de la mafia
locale, la 'ndrangheta, et de ses parrains, machos sanguinaires, sordides et
cyniques. Le roman se lit en un seul souffle qui emprunte tous les andante,
adagio et allegro du cri de révolte de ces femmes porteuses d'un deuil éternel,
vêtues d'un noir de Calabre "qui en dit long tellement il se tait". Cette Italie
du Sud, si lointaine et si proche, décrite par l'écriture "possédée" et puissante
de Patricia Dao, est un fragile équilibre des énergies de vie et de mort,
d'amour et de haine, de soumission et de révolte... en lien avec l'indicible,
l'irrationnel, l'essentiel. Cela peut déranger. Merci Patricia pour ton courage
et pour la beauté de ton chant... Et vous, lectrices et lecteurs, qui allez
emprunter les tortueux sentiers des montagnes calabraises, sentez comment
en ces contrées désespérées vos jambes peu à peu se mettent à trépigner puis
à esquisser les premiers pas d'une tarentelle sauvage.