Gagatorium : quatre ans dans un mouroir doré

«J'ai 80 ans et je ne supporte pas d'être enfermée,
même dans un mouroir doré sur tranche. Si je sors
vivante de mon gagatorium, me suis-je promis,
je témoignerai pour tous les vieux qui n'ont pas la
parole.
Après quatre ans de cauchemar, j'ai enfin pu
m'évader de la résidence privée et très bling-bling
de Ker-Eden. Mais j'y ai laissé ma santé et mon
modeste patrimoine. Aujourd'hui, j'accuse !
J'accuse la mafia de "l'or gris" de commettre bien
des abus, en toute impunité, et d'exercer une
maltraitance physique, morale et financière sur
les vieux. J'accuse les pouvoirs publics, responsables
du vide juridique abyssal qui permet tous
ces abus. J'accuse les familles, trop souvent indifférentes,
qui ferment les yeux.
Malmenés, plumés, bâillonnés, ce sont vos parents
qui vivent dans des gagatoriums. Demain, si vous
n'y prenez garde, ce sera vous.»