Regards croisés : Ploeuc-sur-Lié, 1900-1980 : témoignages et anecdotes

Convaincue de l'intérêt de transmettre la mémoire vivante aux
générations futures, l'association Ploeuc-Pluriel a réuni dans ce livre
les témoignages des anciens de Ploeuc-sur-Lié. C'est avec leurs mots
qu'ils évoquent leur quotidien : les joies, les peines, les traumatismes
de la guerre, les fêtes, les événements et les évolutions de leur village
au XX<sup>e</sup> siècle.
La première fois que ma grand-mère a vu la mer, elle avait 75 ans. Elle
s'est écriée : «Oh ! Je n'savais pas que c'était une si grande mare d'eau !»
Tout le monde buvait du cidre, même les enfants. Il n'y avait jamais d'eau
sur la table.
Pour le repas de communion, on mangeait un viao (veau) des fois. Ah
dam oui ! C'était un repas de famille bien copieux.
Si on avait à nouveau une période de guerre, le plus dur pour moi serait
d'allumer du feu pour chauffer mon café le matin.
La machine à hélice balançait les patates à quatre, cinq mètres. Il fallait
avoir de bons reins pour courir après !
En revenant du marché, les chevaux s'arrêtaient devant le café, habitués
à la pause.
La moto de l'abbé Haran ne démarrait pas. D'un seul coup, il y eut un
retour de flamme dans le carburateur, voilà la moto en feu. La fouée !