La démocratie trahie par les mots

Les mots ont-ils un sens ? Ou comment manipuler les codes habituels
de la communication pour travestir les notions et les valeurs
de ce qui constitue l'identité d'un peuple, d'une nation ou d'une civilisation.
C'est ce que tente de démontrer l'ouvrage de Richard
Dessens à travers une trentaine de mots ou de concepts utilisés
par les penseurs de la démocratie moderne de l'après-guerre.
Au-delà de l'instrumentalisation d'une pensée caricaturale et simplificatrice,
c'est la liberté concrète d'expression et de diffusion qui
est posée pour quiconque tenterait de vouloir débattre ou contredire
un politiquement correct de circonstance, ou des évidences sociétales
en réalité vidées de toute substance, mais excluantes et
dictatoriales. Jamais l'intolérance, l'inculture institutionnalisée et
l'outrance n'ont été aussi palpables, sous couvert de liberté et de
principes démocratiques.
C'est aussi le constat dramatique de la fin de la politique qui domine
dans les lignes de cet abécédaire désenchanté, politique rejetée
et méprisée au profit d'un individualisme de consommateur
qui a tué ce qu'il subsistait des valeurs citoyennes de la république.