Le chemin de Peyreblanque

Lorsque Laurent arrive au village de la Prade avec son
passé pour seul bagage, la Guerre d'Algérie vient de
s'achever. Il y a perdu beaucoup d'illusions et surtout son
ami, Pierrot. Pierrot qui, justement, lui a légué la ferme de
Peyreblanque, en plein coeur de l'Ariège. En acceptant cet
héritage, Laurent, à mi-parcours de sa vie, découvre au
fil des jours un monde rural tissé de secrets, de rancoeurs,
d'existences ratées, de querelles et de passions. Mais
quand le maire, un affairiste véreux, projette un barrage
pour noyer la vallée, c'est vers lui, l'étranger désormais
accepté par le village, que tout le monde se tourne.
La peinture d'une société villageoise pleine
de contradictions.
- Vous voyez, monsieur Laurent, il y avait du lapin en
abondance par ici, mais depuis, la myxomatose est passée
par là...
- Oh, t'en as bien profité quand même, fit le cousin
garde-chasse. Je me souviens d'en avoir vu plus de
vingt-cinq couchés, raides, un soir en travers de la table
de la Marinette. Même qu'elle râlait d'avoir à faire
autant de conserves...
- Vingt-cinq !
- Oui, vous me croyez pas ? C'est pas une galéjade !
- Après la guerre, ça a été un temps béni, vous savez.
Pensez donc, pendant cinq ans, on n'avait pas tiré un
coup de fusil ! Enfin, sur les lapins, parce que les boches,
on les a bien allumés...