Un plouc au lycée : mémoires de guerre d'un ancien lycéen niortais

Jacques Perruchon est né en 1929 à Saint-Georges-de-Rex, village des
Deux-Sèvres situé non en Poitou, mais en Saintonge, dont le bourg est
dans le Marais poitevin et les hameaux dans la plaine d'Aunis, comme
Buffageasse, sa ferme natale où l'électricité et le confort moderne
n'étaient pas encore parvenus. Il nous raconte sa vie de fils de paysans
pauvres, l'apprentissage, dès l'enfance, du métier d'agriculteur auquel le
destinaient ses parents, la vie quotidienne à la ferme en fonction des
saisons, les moissons, les battages, les vendanges, les veillées d'hiver, le
passage des commerçants ambulants, les visites du vétérinaire...
Brusquement, c'est la guerre, la mobilisation et le départ de proches pour
le front, la débâcle, l'arrivée des réfugiés de l'Est et de Belgique, puis
l'occupation allemande : même Buffageasse n'est pas épargné. Contre
l'avis de ses parents qui finiront, à contrecoeur par se laisser convaincre,
le jeune Jacques Perruchon décide d'entrer au lycée de Niort. La ville
étant à plus de vingt kilomètres, l'achat d'un vélo s'avère indispensable
(en couverture, le jeune lycéen sur le chemin d'entrée dans la ferme
paternelle). La gestion au quotidien, sur fond de guerre, de pénurie
généralisée et de cohabitation avec l'occupant allemand, de cette
scolarité particulièrement difficile, sera l'objet principal de ce livre.
Le 5 mars 1944, deux bombardiers américains s'écrasent près de Niort.
Les obsèques de l'un des aviateurs vont être l'occasion, pendant
plusieurs semaines, de manifestations de sympathie de la part des
Niortais. Au lycée, quelques élèves, dont l'auteur, ont fait de même.
Résultat : jugé responsable, le proviseur, Augustin Gaudin, évite de
justesse l'arrestation et se cachera dans un hôpital psychiatrique jusqu'à
la libération.
L'auteur évoque aussi l'assassinat par les Allemands et la Milice française,
dans des conditions atroces, à La Bachellerie, en Dordogne, le 31 mars
1944, d'un ancien camarade de lycée et de son frère. Ils avaient 14 et 15
ans. Ils étaient juifs, avaient quitté le lycée et la ville de Niort pour se
cacher.