Le militaire philosophe ou Difficultés sur la religion proposées au père Malebranche, père de l'Oratoire par un ancien officier

Le militaire philosophe ou Difficultés sur la religion proposées au père Malebranche, père de l'Oratoire par un ancien officier

Le militaire philosophe ou Difficultés sur la religion proposées au père Malebranche, père de l'Oratoire par un ancien officier
Éditeur: CODA
2008142 pagesISBN 9782849670507
Format: PocheLangue : Français

Le Militaire philosophe du baron D'Holbach et de Jacques Naigeon

n'avait pas été réédité depuis 1770.

Lorsque les auteurs écrivent : «L'ouvrage que nous donnons existait

depuis fort longtemps en manuscrit dans les bibliothèques de plusieurs

curieux», ils font allusion aux Difficultés sur la religion proposées au père

Malcbranche de Robert Challe (1659-1721), manuscrit circulant vers

le milieu du XVIII<sup>e</sup> siècle. Challe est déiste, convaincu de l'éternité de

Dieu et de l'immortalité de l'âme. D'Holbach et Naigeon sont de

conviction contraire mais sont séduits par l'apparente simplicité du

questionnement et l'efficacité du procédé d'exposition. Ils retitrent le

texte, et le transforment en un pamphlet athée qui va circuler sous le

manteau, alimentant la «crise de conscience européenne» anticipatrice

de la Révolution française.

«Si ayant l'honneur de vous voir, mon Révérend Père, je me

plaignais d'avoir trouvé un grand embarras sur le pont Notre-Dame,

vous me croiriez aisément. Si je disais qu'il y a eu vingt personnes de

blessées, vous pourriez me croire, malgré votre étonnement. Si j'ajoutais

que de ces vingt personnes cinq ont eu l'oeil droit crevé, cinq l'oeil

gauche, cinq le bras cassé, et cinq la jambe, vous commenceriez alors

à ne point me croire du tout.

Mais que serait-ce donc si j'ajoutais encore que j'ai soufflé sur

tous ces gens là et qu'ils ont été guéris ? Que serait-ce si je vous disais

que j'ai pris un carrosse d'une main et que je l'ai enlevé pour laisser

passer les autres, et si je concluais de là que vous me devez du respect,

de la considération, une obéissance aveugle, à moi et à tous ceux qui

porteront un tel habit ? Acquiesceriez-vous à mes lois ? Vous rendriez-vous

à mon témoignage, sous le faux et vain prétexte que vous m'avez

bien cru lorsque je vous ai parlé de l'embarras que j'avais rencontré ?

Certainement vous me traiteriez de fou. Et si votre patience allait

jusqu'à me répondre, vous me diriez que vous avez cru ce qui était

croyable et non ce qui est une fable, que vous avez cru ce que vous

n'aviez aucun intérêt de soupçonner de faux, et non ce qu'il vous

serait onéreux de croire sans fondement et sans profit pour vous.»

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