Les maquis de France : lieux de mémoire

A tous les français
La France a perdu une bataille !
Mais la France n'a pas perdu la guerre !
Des gouvernants de rencontre ont pu
capituler, cédant à la panique, oubliant
l'honneur, livrant le pays à la servitude.
Cependant, rien n'est perdu !
Rien n'est perdu, parce que cette guerre est
une guerre mondiale. Dans l'univers libre,
des forces immenses n'ont pas encore donné.
Un jour, ces forces écraseront l'ennemi. Il faut
que la France, ce jour-là, soit présente à la
victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa
grandeur. Tel est mon but, mon seul but !
Voilà pourquoi je convie tous les Français,
où qu'ils se trouvent, à s'unir à moi dans
l'action, dans le sacrifice et dans l'espérance.
Notre patrie est en péril de mort.
Luttons tous pour la sauver !
Vive la France !
Au fil des pages et des images de cet album, rappelons-
nous ce qu'étaient les maquis... Qui étaient ces hommes
qui les constituaient, souvent très jeunes, et qui se sont
sentis poussés à la résistance, refusant la réalité politique
de l'époque, inacceptable à leurs coeurs d'hommes libres...
Le refus du STO pour les uns, de l'Occupation pour d'autres, en fit
des hors-la-loi aux yeux des autorités de Vichy, les poussant à se
retrancher dans des « maquis » : des lieux retirés, souvent hostiles
et toujours dangereux, mais indispensables à leur survie.
Depuis les cellules les plus restreintes de maquis - trois ou quatre hommes au plus - jusqu'aux
grandes communautés fraternelles militairement organisées, cet ouvrage remet en lumière la force
d'engagement chevillée à l'âme et au corps de ces résistants. Au travers de photographies, de lettres
et de divers documents ou objets d'époque, il contribue à perpétuer et à honorer leur mémoire.
Ce n'est qu'au prix de mois d'attente et d'incertitudes, de dangereuses livraisons d'armes,
d'un impitoyable entraînement au combat, de manque de ravitaillement et de lourdes pertes
humaines, que les maquisards vont apporter leur contribution à la victoire de 1945.
Parmi les plus illustres, les noms des Glières, du Vercors et du Mont Mouchet évoquent de vastes
massifs montagneux, mais de « petits maquis » ont également été le théâtre de luttes acharnées
menées par ces hommes d'exception. Tous ont résonné des rires des compagnons d'armes tout autant
que du fracas des batailles. Aujourd'hui, dans le silence de ces lieux désertés, monuments et stèles
incitent au respect d'un passé douloureux, mais ô combien honorable.