Avant l'hiver : architectonique des clartés

Léa Silhol, cartographe émérite ès
«envers du monde», accompagne
l'écrivaine Élisabeth Massal
dans le labyrinthe d'une bibliothèque
d'ombres et de murmures ;
pour déchiffrer au spectrographe
et au scalpel les carnets interdits
de la «Trame». Ce premier Vertige
s'exerce à démêler, aux côtés du barde
Kelis, les écheveaux des Cours de
Vertigen, des jours d'Aana aux batailles
pour Érin, de la Chute de Tréaga aux
pactes de Dorcha, jusqu'au bris des
royaumes fae, et la venue des temps
de Seuil, tels que relatés
dans les romans
La Sève et le Givre
et La Glace et la Nuit.
Graphisme et illustration
de Sébastien Hayez
«Le visage des Cours est complexe. Sans "histoire
écrite" et tissé de secrets, de rites, de complots.
Un lacis d'obligations contraires, de nasses,
de pièges. Où le mensonge est une arme,
et le mystère un bouclier. Derrière son énigme,
le Peuple de Féerie cache un coeur trouble,
qu'il n'a cure de rendre intelligible. Au contraire.
Ici, toujours, les routes servent davantage à
perdre qu'à guider. C'est déjà, en soi, un défi
que de décrypter nos voies. Mais le seul fait
d'entreprendre ce que nous avons entrepris est,
aussi, faire oeuvre interdite. Certains nous
la reprocheront, même parmi ceux qui, comme
nous, ont choisi la voie de Seuil. On ne prend pas
le risque de dévoiler les enchantements
de Tir-na-nOg ou de Dorcha sans en payer le prix.
Mais au-delà de nos voiles, de nos ruses, de nos
cruautés... nous devons enfin savoir, oui, comme
le disait Elzeriad, «ce qu'il en est, au final,
de notre monde». La Féerie est un piège.
Un piège, Morgana, y compris pour nous.
À la fin, même cela, ou surtout cela, devra être
renoncé, et dissout.» K.