Sumo sur brin d'herbe

«Un ciel gris perle du meilleur goût et
une escadrille de canards. Constantin
les aimait bien, les coin-coin. Son paternel,
lui, tirait dessus. Sans vergogne. Il
canardait à tout va. Quand il rentrait
avec son gibier et ses bottes Aigle,
c'était toujours sa soeur que son père
étreignait la première. Laura courait vers
lui et sautait dans ses grands bras. Il la
serrait. Et la posait. Lorsque venait le
tour de Constantin d'être embrassé, on sentait bien
que le père avait tout donné.»
Le mieux serait de s'endurcir sans jamais se départir
du tendre, certes, certes. Jusqu'ici, Constantin
n'avait cessé de s'engrosser d'immobilisme. Comme
ce pathétique lutteur japonais engraissé dès son
plus jeune âge, pour ne pas être expulsé par un
semblable, hors des limites du terrain de combat où
son existence avait été confinée. Un sumotori qui
refuserait d'être éléphantisé davantage. Alors,
Constantin marchait. Il appréciait la marche. La
vraie. Dès qu'on se met en pilotage automatique et
que ça devient agréable.
Ajoutons à cette quête de légèreté, une cathédrale ;
Léon, un retraité-sniper naufragé dans un vieux
quartier de Bruxelles à l'apparence calme, où plane
un fascisme ordinaire ; Laura, la soeur de Constantin
et un orgue de Barbarie en héritage.
Sumo sur brin d'herbe , le début d'une histoire
d'amour entre Blanche-Neige et le Vilain Petit
Canard.