Les nombres

«L'époque où l'on pouvait attirer un Russe par l'odeur d'un
cheeseburger pas trop frais est révolue.» C'est le moins que
l'on puise dire en découvrant les aventures édifiantes de Stiopa,
qui démarre dans l'existence en signant un pacte avec le 34.
Toutes ses décisions, d'une manière ou d'une autre, sont
attachées à ce nombre qu'il décrète sacré. Innocent, méthodique,
Stopia soumet sa vie au rituel dans une ex-URSS on ne peut plus
désordonnée. Devenu banquier, flanqué d'un sbire des services
secrets, de deux «protecteurs» tchétchènes, d'une prophétesse
bulgare et d'un devin qui possède la plus grande collection de
porno bouddhiste de Moscou, Stiopa est désormais l'un des
hommes les plus influents de Russie. Mais c'en est fini du temps
où il suffisait d'un nombre ou d'un dogme pour organiser la vie.
Et c'est dans une posture désagréable, devant une photo de
Poutine en kimono, que Stopia découvre l'évidence : un chiffre
n'est rien sans code-barres. Et Bouddha ne vaut guère plus sans
un fusil à pompe. Brillant, hilarant, voici, enfin traduit en
français, le nouveau roman de l'enfant terrible des lettres russes.