Cultures et métissages en Algérie : la racine et la trace

Un ancien proverbe algérien assure que lorsqu'une situation ou une
personne en est réduite à sa plus simple expression - entendez à sa plus
extrême vérité -, elle est comparable à l'oued qui, asséché par
d'interminables canicules, révèle enfin son lit et les pierres qui le
composent. Cette métaphore me semble convenir assez bien au sujet de
ce livre. En effet, à travers une réflexion sur la nature des processus de
constitution, de gestion et de transformation des représentations
identitaires, il sera essentiellement question de la problématique du
métissage en Algérie. De fait, si l'on considère la complexité, l'étendue
et la durée des phénomènes en cause, nul doute que ne s'impose alors
à l'esprit l'image de ces paysages désertiques traversés par les
fantômes fabuleux d'anciens torrents, depuis longtemps taris, et dont
ne subsistent plus que les traces égarées parmi les galets épars, les
racines brûlées et les lauriers-roses en fleur.