Idéologie et traductologie

En théorie, la traduction est censée être neutre et le traducteur
indépendant. Mais en pratique, c'est loin d'être le cas. En raison de la
portée culturelle des mots et de l'impact du contexte sociopolitique,
les textes sont toujours chargés d'une dose d'idéologie, plus ou moins
importante selon les langues et les genres traités. Face à cette charge
idéologique, le traducteur se trouve souvent confronté à un dilemme :
que faire ? Faut-il expliciter l'idéologie ou bien la maintenir dans
l'implicite ? Faut-il la transposer ou la passer sous silence ? Bref,
faut-il prendre position ou s'en tenir à la sacro-sainte neutralité du
traducteur ?
Mais comme le processus traductologique est profondément
ancré dans la culture, il n'est jamais dénué d'idéologie. Explicitement
ou implicitement, les mots véhiculent des sens colorés et connotés.
Le choix des mots et du style révèle ou dissimule. Il est dans tous les
cas rarement neutre. Dès lors, comment déceler l'idéologie ? Derrière
quelles thématiques se cache-t-elle ? Quelles sont les caractéristiques
lexicales des textes qui la véhiculent ?
Cet ouvrage présente le regard croisé de onze chercheurs issus de
langues aussi diverses que l'arabe, le bulgare, l'espagnol, le grec, l'italien,
le japonais, le polonais, le portugais, le russe ou encore le turc. Il réunit
des études de cas relevant de contextes de communication variés,
mais qui révèlent tous les multiples interactions de la traductologie
et de l'idéologie.