La mort lente de Luciana B.

Avec ce court roman, l'auteur de Mathématique du crime s'inscrit
dans une veine qui fait autant songer à Borges qu'au dernier
Graham Greene. Le récit se déroule dans une atmosphère
d'inquiétude car, derrière une série de morts prétendument
naturelles et à tout le moins aléatoires, se cachent aussi des crimes
virtuels provoqués par l'imagination ensorcelée des protagonistes.
Est-ce le narrateur qui nous trompe ? Est-ce l'auteur qui se joue
de ses lecteurs comme de ses personnages ? Dès les premières
lignes du livre, lorsque le narrateur reçoit un appel au secours
de Luciana avec laquelle il a failli, dix ans plus tôt, vivre une
«histoire», on se trouve pris, sinon englué, dans une sorte de
cauchemar éveillé. Guillermo Martinez est un écrivain subversif !