La chevalerie bretonne et la formation d'une armée ducale : 1260 à 1341

La chevalerie de Bretagne était considérée au Moyen-Âge comme une des
plus brillantes de l'Occident chrétien. Certains de ses membres, dans la
seconde moitié du XIV<sup>e</sup> siècle et au XV<sup>e</sup> siècle, tels Bertrand du Guesclin,
Olivier de Clisson, Arthur de Richemont, étaient si efficaces que les rois de
France n'hésitèrent pas à leur confier le commandement de leurs armées. Son
prestige remontait déjà à la bataille d'Hasting (en 1066) car elle avait permis
à Guillaume le Conquérant de devenir roi d'Angleterre, ce qui lui valut de
recevoir en récompense d'immenses domaines dans ce royaume. Il faut aussi
rappeler qu'au tout début du XIII<sup>e</sup> siècle, elle fut à l'origine des déboires de Jean
sans Terre, qui finit par y perdre l'empire de sa famille, les Plantagenêt.
Cette valeur n'échappa pas aux nouveaux ducs de Bretagne de la maison
de Dreux, imposés en Bretagne en 1213 par le roi de France. Après avoir mis
près d'un demi-siècle à obtenir de la chevalerie sa soumission à leur nouveau
duché, les ducs, disposant d'une immense fortune, s'employèrent à former une
nouvelle armée composée de troupes qu'ils voulaient fidèles. Toutefois, ils ne
pouvaient utiliser cette chevalerie que tant qu'ils n'allaient pas à l'encontre
des intérêts des rois de France et surtout des plus riches et des plus puissants
seigneurs et chevaliers de leur duché. Les efforts des ducs ne profitèrent en
fait qu'aux rois de France et qu'à une nouvelle catégorie de chevaliers, sortie
de l'ombre grâce à eux.