Les Portes et le ressac du temps : autoportrait d'un village rétais

Les Portes, un village blanc tout au bout de l'île de Ré, entre plages de sable fin et
marais romantiques, où on ne circule qu'à vélo ?
Bien sûr, ces clichés, fruits de la mode et des médias, ont leur part de vérité. Mais
ils masquent une réalité bien plus profonde, héritage d'une longue histoire, qui fait
encore l'âme d'un village probablement né au XI<sup>e</sup> siècle, une histoire pleine de labeur
et de détresses, mais aussi de solidarité, de joies et de cocasseries.
Il fallait que ce patrimoine fût recueilli et transmis alors que disparaissent les derniers
témoins de ce que fut le village avant l'essor irrésistible d'un tourisme nourricier
et ravageur. Il le fallait pour les enfants des Portes, pour ceux qui en ont fait leur
seconde patrie et pour tous ceux, enfin, qu'intéressent l'existence et les traditions
des hommes, c'est-à-dire pas seulement l'histoire et la pierre, mais aussi les mots et
l'humble vie de tous les jours.
Un groupe d'une vingtaine de Portingalais de souche et d'adoption, réuni par
l'amour du village, s'est attelé à la tâche avec enthousiasme et candeur. Ces amateurs
ne partaient cependant pas de rien puisqu'ils disposaient des innombrables écrits de
Pierre Tardy, Portingalais de vieille lignée, historien respecté et infatigable de l'île de
Ré, jeune homme de 97 ans qui a, d'ailleurs, rédigé le chapitre sur l'histoire des
Portes. Pour le reste, ils disposaient d'une dernière source, la mémoire des anciens
qui ont été abondamment interviewés et dont certains ont participé directement à
la confection de ce livre.
Ainsi cet ouvrage est-il partagé entre histoire et mémoire, avec ce que tout cela
implique de volonté de rigueur et de subjectivité amoureuse.
À cette équipe se sont joints sans hésiter Bernard Giraudeau et Jean-Loup
Dabadie, Portingalais d'adoption depuis leur enfance, qui ont mis leur talent au service
de cette oeuvre collective.