Paysages des hommes

Entre songe et mémoire, les figures redeviennent mystérieuses
; sans être assurées de leur existence, elles sont en quête de
vérité, de présence. La lumière s'en éloigne, avant de les retrouver,
frêles encore, sans doute irréfutables, elles prennent vie au souvenir
des jours perdus. Mais les blessures sont là, la carte du monde
oubliée dans l'ombre, l'éternité semble se confondre avec des
lointains inconnus. Ainsi l'écriture s'ouvre à cette géographie du
manque, à ses versants nocturnes, à ses visions égarées.
Quatre mouvements se succèdent, En marge du rêve, Paysage
des hommes, Lisières, De chair et d'ombre , entre attente et errance,
nuit et jour, intensité et pénombre. Chaque poème s'engage dans ces
rêveries de l'inquiétude, pressentant dans son origine la douleur
même du monde, la nostalgie du langage, l'énigme de l'instant. Rien
n'est sûr, rien ne demeure ; quelqu'un, cependant, se prête au jeu, et
le regard, étonné, tente de ressaisir ce qu'il risque de perdre. On ne
sait quoi d'inconcevable surgit parfois de cette confusion où la
conscience chemine, prise entre le sentiment du rêve et l'intuition
d'une secrète harmonie.