Année du Maghreb (L'), n° 8. Un printemps arabe ?

Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie... Chaque année, l'essentiel
du Maghreb politique, économique, social et culturel : les faits et les
tendances... les mutations internes... leurs perspectives... et le
commentaire des chercheurs... mais aussi la place du Maghreb dans
les relations internationales et les enjeux dont il est l'objet... avec en
dossier de recherche 2012 une analyse des «révolutions arabes» des
années 2010-2011.
La période inaugurée par la chute du régime de Ben Ali constitue une
rupture dans l'histoire des régimes autoritaires arabes. Le souffle des
protestations sociales, qui est parti de Tunisie, a emporté le régime de
Ben Ali le 14 janvier 2011, puis celui de Moubarak en Égypte un mois
plus tard, et enfin celui du colonel Kadhafi, en Libye, le 20 octobre de
la même année. Le départ du despote tunisien a ainsi ouvert la voie à
un cycle protestataire sans précédent au Maghreb et au Moyen-Orient.
L'Année du Maghreb ne pouvait ne pas s'intéresser au «printemps» ou
aux «révolutions» arabes, d'autant plus que les dynamiques politique et
sociale, qui ont ébranlé les bases des régimes autoritaires de la région,
ont remis «en cause un certain nombre de présupposés scientifiques
sur le caractère inéluctable de l'autoritarisme». Le dossier de recherche,
coordonné par Vincent Geisser, s'attèle justement à déconstruire
un certain discours des sciences sociales tout en montrant que le
«processus de fissuration des régimes autoritaires n'a pas commencé
avec le Printemps arabe de 2010-2011». Dans le même temps, les articles
de ce numéro mettent l'accent sur le rôle joué par les divers acteurs
dans les processus de mobilisation et fournissent aussi des éléments de
compréhension des nouvelles réalités sociopolitiques qui émergent des
mouvements protestataires et de leur gestion par les différents régimes
autoritaires.