Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 141. Le monachisme palestinien

Dorothée de Gaza décrit la communion des
hommes avec Dieu sous l'image d'un cercle
ou d'une roue représentant «le monde, le centre
étant Dieu et les rayons, les différentes voies ou
manières de vivre des hommes. Quand les saints,
désirant s'approcher de Dieu, avancent vers le milieu
du cercle, ils se rapprochent les uns des autres en
même temps que de Dieu. Plus ils s'approchent de
Dieu, plus ils se rapprochent les uns des autres ; et
plus ils se rapprochent les uns des autres, plus ils
s'approchent de Dieu. Et vous comprenez qu'il en est
de même en sens inverse, quand on se détourne de
Dieu pour se retirer vers l'extérieur : il est évident
alors que, plus on s'éloigne de Dieu, plus on s'éloigne
les uns des autres, et que plus on s'éloigne les uns
des autres, plus on s'éloigne aussi de Dieu. Telle est la
nature de la charité. Dans la mesure où nous sommes
à l'extérieur et que nous n'aimons pas Dieu, dans la
même mesure nous avons chacun de l'éloignement à
l'égard du prochain. Mais si nous aimons Dieu, autant
nous approchons de Dieu par la charité pour lui,
autant nous sommes unis à la charité du prochain, et
autant nous sommes unis au prochain, autant nous le
sommes à Dieu» ( Instructions , IV, 78).
Ce signe du cercle est devenu le principe fondamental
de l'oecuménisme, énoncé lors de la fondation
du Conseil oecuménique des Églises à Amsterdam en
1948 par son premier secrétaire général, le pasteur
Willem Visser't Hooft : «Plus nous nous rapprochons
du Christ - communautés et personnes chrétiennes
-, plus nous nous rapprochons entre nous.»
Tant il est vrai que c'est le ressourcement spirituel
qui fera l'unité de l'Église.