Quatre erreurs de Dieu

Au Traveller's Club de Londres, Sir Barry raconte à quelques
sociétaires le Moyen-Orient qu'il a connu aux temps du mandat
britannique en Palestine. La raison en est un secret impensable,
que l'ex-diplomate se décide à révéler. L'un des antiques manuscrits
de Qumram, trouvé dans une grotte au bord de la mer Morte en
1947, fut aussitôt soustrait à l'attention du monde. Il dénonçait une
retentissante Erreur. Pour punir les hommes, Dieu aurait choisi
une réprobatrice chute de neige, sans penser que l'énorme croûte
blanche, en se liquéfiant, allait emporter tout et tous. Déluge, oui,
mais involontaire.
Ainsi commence, avec humour et légèreté profane, le suspense
éthique d'Ennio Cavalli. De Londres à Jérusalem. Un vieux chauffeur,
Mohammed, a connaissance d'une deuxième Erreur, fruit
de l'écho étourdissant du Nom. Montent dans son taxi Roselius,
professeur américain d'histoire de la pensée religieuse et Martha,
sa jeune élève. Tous deux sont amants, à la veille de la rupture.
Sans s'être tenus au courant l'un l'autre, ils se retrouvent ensuite
au Caire, où une théorie inouïe sur la disparition des dinosaures
confirme la candeur désarmante de Dieu.
Avec cette fable vigoureuse et percutante, dans la veine de
la plus hébraïque mythologie yiddish, Ennio Cavalli aborde le
sujet de la croyance et du besoin de spiritualité à une époque de
fondamentalismes. L'idée d'un sauveur transforme le récit entier
en histoire d'amour et la passion visionnaire en connaissance du
monde. Mais le Messie viendra-t-il ?
«Un procédé narratif respectueux du droit du lecteur à comprendre
ou à deviner. Urbanité et attention envers l'interlocuteur invitent à
ouvrir ce livre, en tournant avec vivacité ses pages, poussés vers la fin,
exactement comme cela m'est arrivé.»
Erri De Luca