La nouvelle propagande anti-juive : du symbole al-Dura aux rumeurs de Gaza

Loin d'avoir disparu, la haine des Juifs est entrée dans un nouveau
régime en se fixant sur Israël, cible d'une guerre médiatique
de haute intensité. L'antisionisme radical, dont l'objectif est la
destruction de l'État juif, représente en effet la dernière figure
historique prise par la judéophobie. À ce titre, négatrice du droit
à l'existence d'une nation, elle constitue l'une des principales
formes contemporaines du racisme. Pour comprendre comment
s'est accomplie la mondialisation de cette nouvelle configuration
antijuive, l'auteur dissèque le nouveau discours de propagande
des ennemis déclarés d'Israël tel qu'il s'est développé au cours
des années 2000-2010. La nouvelle vision antijuive, qui consiste
à «nazifier» les «sionistes» en tant qu'«agresseurs» et à «judaïser»
corrélativement les Palestiniens en tant que «victimes», permet
d'accuser les «sionistes» de «génocide» ou de «palestinocide».
Ce discours de propagande est replacé dans son contexte international,
marqué par une menace islamiste centrée sur l'appel au
jihad contre les Juifs.
Analysant divers matériaux symboliques exploités par la nouvelle
propagande antijuive - images ou discours -, P.-A. Taguieff
donne à comprendre comment et pourquoi la haine des Juifs,
plus d'un demi-siècle après la Shoah, a pu renaître sous les habits
neufs de l'«antiracisme» et de l'«anticolonialisme» et, grâce
aux médias, se diffuser en recueillant l'assentiment d'individus
parfois convaincus d'être étrangers à tout préjugé antijuif.