Langaman ou L'amour érigé en dogme de vie : roman historique

Éloge de l'Abandon
N'est-il pas très risqué que d'oser l'éloge de l'abandon à l'heure où nombre de citoyens sont délaissés dans le monde, sur le bord des chemins, et où le repli sur soi des nantis est devenu le dogme ? Probablement.
Mais qu'y pouvons-nous dans la mesure où l'humanité n'a fait que se mouvoir au centre d'un tourbillon continu soulevant des colonnes de poussières faites d'abandons de toutes sortes et de départs, d'éloignements et de rapprochements, de ruptures et de renouements, de reniements et de ralliements, de vies et de morts. Ce sont des mouvements obligés de l'existence mais d'heureuses étapes de l'épanouissement. Tout abandon arbore fièrement l'étendard de la rencontre nouvelle et navigue dans l'océan de l'alliance, du mariage, de l'enfantement, de la re-naissance. Dans l'autre direction, il n'existe pas de point de départ à l'abandon qui puisse débuter à un moment précis car il est la résultante de déchirements et d'amours antérieurs successifs qui se nomment cassures, divorces, déclins, disparitions.
Mourguin a quitté une terre mythique, l'Inde, pour un eldorado hypothétique, La Réunion coloniale. Il a abandonné parents indiens, terres, temples, pour y fonder famille, creuser le sol, oser son hindouisme et survivre son engagisme pour finalement tenter de rentrer dans son pays de Shiva. Il a crié son désir de retrouver ses « abandonnés », ses Dieux, sachant qu'ainsi il s'éloignait des siens, nés en terre réunionnaise.
Langaman, splendide et magnanime, forte d'un amour immodéré envers son Homme-Lingam, a choisi de rester et de continuer à donner la vie. Leurs descendances sont rassurées. Elles savent, grâce à Vellaydom, pourquoi Mourguin, un jour, a repris le bateau du retour.