Sciences & curiosités à la cour de Versailles

Versailles... Ce nom évoque les intrigues, les chasses, les fêtes, et surtout l'art, omniprésent.
Mais Versailles, lieu de sciences ? L'idée paraît incongrue. Pourtant comment imaginer
qu'au temps du centralisme politique, après que Colbert, fondant les académies, eut
donné à la France une forme d'organisation intellectuelle, Versailles - où tout se décidait
- ne fût pas partie prenante ? Pas plus qu'aujourd'hui, le pouvoir ne pouvait négliger
les enjeux de la recherche scientifique.
Bien des savants, parmi les plus renommés, fréquentaient la cour en tant que précepteurs
des princes ou officiers de santé. D'autres venaient à Versailles pour une démonstration
devant le roi, consécration suprême, équivalente à un prix Nobel. Dans un mouvement
inverse, de grands seigneurs éclairés siégeaient à l'Académie des sciences. Aussi, même
au temps des Lumières, la séparation entre milieux académiques et milieux de cour ne
paraît pas avoir été si étanche...
À sa création, le chantier de Versailles, par son ampleur sans précédent, souleva des
problèmes que les savoir-faire traditionnels ne pouvaient résoudre : les astronomes
furent mis à contribution pour y appliquer leurs connaissances. En retour, Versailles
devint un terrain d'expérimentations pour les savants, offrant des ressources pour la
recherche : des animaux de la Ménagerie pour les dissections, des serres immenses
pour l'acclimatation de plantes nouvelles et leur classification, des terrains pour les
expériences agronomiques... L'enseignement des princes suscita l'invention des premiers
instruments pédagogiques et, pour la pratique personnelle des souverains, celle d'outils
remarquables à la pointe de la recherche !