Cela s'appelle l'aurore... : homélies liturgiques

«... En ces années noires où la plupart des visages sont assombris
pour des raisons très valables, aimer consisterait à sourire.
Ni béatement, ni parce que nous nous sentons bien...
ce qui n'est pas de l'amour.
Mais sourire gratuitement, même si je suis soucieux
ou accablé, c'est plus simple et profond que des paroles plus
ou moins réconfortantes.
Soyons transparents à la lumière du Christ qui
nous habite et nous pourrons être souriants...»
Ce livre présente une série d'homélies dominicales
du père Jean Corbon prêchées à Beyrouth entre les années
1980 et 2000. Elles s'adressent
à des laïcs de tous âges et de tous milieux vivant les
heures douloureuses de la guerre.
Dimanche après dimanche, des liens spirituels forts se
sont tissés entre le père Jean et ses auditeurs, formant la
communauté de l'Espérance dans le partage de la
Parole de Dieu et du Pain Eucharistique. Dans le désert
de la guerre et de la haine, entre la tentation de violence et
celle du découragement, cette communauté était en quête de sens.
Le père Corbon l'a aidée à rejoindre le mystère de la Croix
vivifiante dans l'homme humilié, défiguré, pour communier
à la puissance de la Résurrection du Christ.
Le lecteur pourra puiser chaque jour dans ce livre une lumière
pour sa route au milieu des combats de ce monde.
Puissent ces homélies éclairer tout homme de bonne
volonté confronté sans cesse au «mystère d'iniquité» afin que
rayonne pour tous les enfants du Père, la Lumière du Christ Ressuscité.
La femme Narsès :
Où en
sommes-nous, ma pauvre Electre,
où en sommes-nous ?
Electre :
Où nous en sommes ?
La femme Narsès :
Oui, explique !
Je ne saisis jamais bien vite. Je
sens évidemment qu'il se passe
quelque chose, mais je me rends
mal compte. Comment cela
s'appelle-t-il, quand le jour se
lève, comme aujourd'hui, et que
tout est gâché, que tout est
saccagé, et que l'air pourtant se
respire et qu'on a tout perdu,
que la ville brûle, que les
innocents s'entre-tuent, mais
que les coupables agonisent,
dans un coin du jour qui se lève ?
Electre :
Demande au
mendiant. Il le sait.
Le mendiant :
Cela a un très beau
nom, femme Narsès.
Cela s'appelle l'aurore.
Jésus dit en un grand cri :
"Père, je remets mon esprit entre
tes mains." Et ce disant, il
expira. ...Tous ses amis se
tenaient à distance ainsi que
les femmes qui regardaient cela.
....Le premier jour de la semaine,
à la pointe de l'aurore, elles se
rendirent à la tombe....