Terres noires

«"C'est la Marie, fit Jacques Couderc.
On l'appelle comme ça. C'est son
nom ! Toutes les veines portent un nom.
Lucien et moi, on abat. Les gamins
dégagent le charbon derrière nous. Toi, tu
le chargeras dans la berline que tu pousseras jusqu'au plan
incliné. Là, un autre rouleur la prendra en charge.
- Et Armand ?
- Il est avec Jupiter pour convoyer le chargement jusqu'à la recette."
Tandis que les trois piqueurs se faufilaient dans la veine, Marcellin
se mit au travail sans sourciller. Il prit la pelle qu'on lui
avait réservée et commença à charger sa première berline.
Il songea qu'au-dessus de lui, à de nombreuses lieues de
distance, Élise et ses enfants profitaient certainement du
soleil, malgré l'hiver qui n'en finissait pas.»
Contraint de quitter son exploitation, Marcellin se met
en route avec sa famille pour les houillères du Gard.
Alors que ses enfants restent travailler en surface, lui
découvre l'enfer de la mine - les inondations, les
incendies et les coups de grisou - mais aussi les mouvements
ouvriers. Entre catastrophes et luttes sociales,
entre peines et joies sentimentales pour les enfants qui
grandissent, chacun s'en remet quotidiennement
au dur labeur de la mine...