Le vêtement saisi par le droit

Le droit se désintéresse du vêtement, il ne lui consacre aucun
texte d'importance, mais, paradoxalement, les litiges ayant le
vêtement pour centre de gravité n'ont jamais été aussi nombreux.
Comment expliquer ce décalage ? Après avoir été pendant
plusieurs siècles instrument de domination d'une classe sociale
le vêtement est devenu instrument de libération. Il participe à la
construction de l'identité en dehors des composantes retenues
par le droit. Par ailleurs la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle a été
le témoin de profonds bouleversements : mondialisation des
échanges - redécouverte du religieux - brouillage des identités
sexuées. La loi étatique a perdu de son autorité concurencée par
d'autres normes venues d'ailleurs, qu'elles appartiennent à un
autre ordre juridique ou qu'elles soient culturelles, sociales ou
religieuses.
La futilité que matérialise le vêtement débouche sur un profond
désordre juridique.