La demi-douce : récit

C'est l'histoire d'un petit garçon qui a perdu ses
parents dans la Shoah. Recueilli par ses oncle et
tante après la rafle du Vel' d'Hiv' du 16 juillet
1942, il grandit dans un milieu de juifs polonais
progressistes qui exercent le métier de négociant
en métaux et chiffons. Alors que ses cousin et cousine
avec qui il vit font leurs études supérieures,
Henri rate le concours d'entrée en sixième et se retrouve
enfermé dans un sentiment d'injustice et
d'incompréhension. La seule perspective qui s'offre
à lui et qu'on lui impose, c'est le centre d'apprentissage
puis l'usine. Jusqu'à vingt ans comme ouvrier
ajusteur, il va vivre le monde du travail de
l'immédiat après-guerre, l'humiliation du travail
répétitif et du chronométrage, la solidarité ouvrière
de ses aînés. Il nous fait pénétrer dans le
monde de la mécanique avec ses différents ateliers,
dans le monde oublié du geste manuel - la demi-douce
- et de sa précision : une partie de sa jeunesse est
captée par l'usine alors qu'il n'aspire qu'à retrouver
le chemin des études.
Il cache une autre blessure indicible, celle qu'il
dissimule au tréfonds de lui-même, celle du petit
orphelin juif qu'il parviendra à surmonter lors
d'une certaine nuit à Bizerte. Il va, à son insu,
faire connaissance, non pas de l'écriture, mais
avec le mot, balancé rageusement comme un hurlement
pour enfin le projeter hors de lui. Des années plus
tard, après bien des péripéties de la vie, viendra
le temps d'un manuscrit pour devenir aujourd'hui
ce livre.
Il faut lire le texte de cet homme qui revient
s'habiter après des siècles de silence.
Il faut lire l'histoire de ce petit garçon qui
faillit ne jamais avoir 5 ans ce 16 juillet 1942.
Il faut lire l'histoire d'Henri Ostrowiecki