C'est la fin

Votre destinée personne ne la signera. Ilire Zajmi trace et signe son
oeuvre, elle écrit tout autant qu'elle est écrite, poussée par la voix qui
fait le poème, avec elle, malgré elle, et déploie l'incommensurable dans
les mots, entre les mots, dans l'espace demeuré vacant autour du texte.
Et un jour viendra où je débiterai tous les mots enfouis. C'est déjà là, ça
se déplie, ça se déploie, le poème soulève les eaux de fond, on pense à
la vague de Virginia Woolf, on y est au creux, on y danse sur la crête, ça
dit la soie de la vie, Tu souris de tes lèvres de cerise humide, ma petite
adorable Anda , ça dit la soif, celle du désir, celle de l'amour, celle de
l'homme, Cette nuit je veux être brûlée vive danser nue sur le miroir ,
ça dit ce que soi, le poète, chacun, redoute, Et j'ai peur Pristina pour la
Liberté. La voix s'étire, le poème s'amplifie, en dit plus, en dit long
de la solitude, du doute, de la fragilité, de l'attente, d'un jusqu'au bout
pas si loin de dangereusement nous frôler, Les âmes se dénudent dans
le malheur.
Je dis femme, je dis en mon nom, Ilire Zajmi.
Adeline Yzac