Mythe et création 2 : l'oeuvre, l'imaginaire, la société

Fruits d'une collaboration entre des chercheurs de l'Université de
Savoie (LLS) et des Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles
(SIRL), les études réunies dans ce volume s'inscrivent dans le
prolongement des travaux publiés en 2005 dans Mythe et Création.
Alors que Mythe et Création abordait la dynamique de l'imagination
créatrice dans ses rapports aux diverses formes de légalité qui à
chaque époque structurent et configurent le champ du savoir (le
mythe, les genres, les figures, etc.), le présent volume s'attache aux
rapports qui se nouent entre l'oeuvre, l'imaginaire et la société.
Il reprend la question des rapports du mythe et de la littérature
afin de l'inscrire dans un horizon plus vaste et de faire apparaître
la dimension utopique et l'exigence communautaire que toute
oeuvre authentique porte en elle. Aussi, au lieu de s'interroger sur
les rapports de l'oeuvre littéraire à la société (comme si la première
n'était jamais que le produit ou le reflet de la seconde), ne convient-il
pas d'interroger en premier lieu le pouvoir instituant de l'oeuvre
littéraire à même le champ social ? La littérature ne participe-t-elle
pas de façon privilégiée à ce que Castoriadis appelait l'institution
imaginaire de la société ? N'y a-t-il pas alors contradiction entre le
pouvoir instituant de l'art et de la littérature, leur emprise sur le
réel, et le principe de leur autonomie qui les retranche du monde
pour les livrer à l'immanence des formes, au jeu d'une finalité sans
fin ? Si la modernité esthétique depuis Kant défend le principe de
l'autonomie de l'oeuvre d'art, qu'en est-il des rapports de l'esthétique
à la société ? Sommes-nous condamnés à couper l'oeuvre de tout
contexte, de tout référent, de toute expérience de vie ? Tout se passe
alors comme si l'oeuvre, captive de ses jeux d'échos et de miroirs,
n'avait souci que d'elle-même. Inversement, devons-nous sacrifier
l'autonomie de l'oeuvre à son statut de fait social ?