Contre-enquête à Outreau : sexe, mensonges et vérité

«Personne ne pourra jamais réparer l'erreur judiciaire d'Outreau :
trop d'années de prison, de malheur, de misère, de deuils,
de carrières ruinées.»
Il y avait moyen d'éviter le drame d'Outreau, mais il n'est pas du tout certain
qu'un autre cataclysme, du même ordre, ne puisse se reproduire.
Le danger qui guette l'institution judiciaire dans un monde médiatisé, c'est celui
de la justice populaire. Pour peu qu'une cause paraisse «incontestable», et
c'est le cas de la pédophilie, mais aussi, on l'a vu récemment, du terrorisme ou
de l'antisémitisme, les médias réinstaurent la loi de Lynch.
Après le tintamarre médiatique orchestré autour des péripéties de l'enquête
du juge Burgaud et du procès de Saint-Omer, que reste-t-il aujourd'hui de
l'«affaire du siècle» ? De fausses allégations, des victimes peu crédibles, des
faux coupables, des aveux et des rétractations, un juge sous influence, une
hystérique mythomane et une série de questions sans réponse, dont une qui
nous obsède depuis le début de notre contre-enquête : s'est-il seulement passé
quelque chose à Outreau ?