Mélire ? : lecture et mystification

Pas de mystification sans intention de la «donner», de
tromper et de détromper : ce volume, issu d'un colloque
organisé à l'Université de Reims, convoque histoire, théorie
et lecture littéraires, poétique et esthétique, pragmatique et
éthique pour analyser, de Diderot à Borges, le moment de
la mystification et le rôle du lecteur dans sa constitution, la
notion d'auteur et d'autorité qu'elle implique, l'articulation
entre mystification et fiction.
Se pose dans le même temps la question de sa vertu
(critique, herméneutique, heuristique), de sa valeur aussi.
La lecture induite par la mystification n'est pas mauvaise
lecture d'un lecteur diminué mais mé-lecture d'un lecteur
autorisé.
Née dans le siècle du contrat, du crédit et de la croyance,
de la loi et du goût, fondée sur une esthétique du surcroît,
la mystification joue avec le contrat de lecture de la fiction
sans pour autant s'en jouer, et invite le lecteur au délice
partagé du délictueux.
Ce volume réunit les contributions de Scott Carpenter, Michel Delon,
Corinne François-Denève, Anna Graham, Daniel Grojnowski,
Anne-Élisabeth Halpern, Jean-François Jeandillou, Annick Louis,
Daniel Sangsue, Franc Schuerewegen, Alain Trouvé et Frank
Wagner.