C. : la face noire de la blanche : récit

C'est la Chandeleur. Deux amies, que je n'ai pas vues depuis
plusieurs mois, viennent passer l'après-midi chez moi. J'ai
préparé des crêpes, on a ouvert une bouteille de cidre. Tout
pourrait être tranquille, une partie de cartes ou simplement
bavarder, mais je les sens ailleurs.
Très vite, la cocaïne s'invite au centre de la discussion.
Elles racontent combien elle était bonne, le premier dealer qui n'est pas
venu, l'argent qu'elles se doivent. Je ne dis rien, je n'ai plus rien à dire
sur le sujet. Muette, je les considère en sirotant mon verre.
Elles finissent par sortir la poudre.
«Ça te dérange si on se fait une ligne ?»
À travers le personnage de Juliette, Lolita Sene raconte ses années
d'addiction à la cocaïne.
De sa province natale à Paris où elle travaille dans l'événementiel,
du monde euphorique de la nuit aux soirées en appartement, de son
cercle d'amis à ses histoires d'amour, Juliette rencontre de la cocaïne
partout. Soutien factice de la confiance en soi, celle-ci s'est considérablement
banalisée. Comme les autres, Juliette sombre dans la
dépendance.
Portrait d'une génération sans cesse en représentation, avide de
rêves mais désorientée, C. montre toute la détermination qu'il faut pour
s'affranchir de cette drogue dure et redonner un sens à sa vie.