Ruptures scolaires : l'école à l'épreuve de la question sociale

Si, dans les années 1970-80, l'«échec scolaire» était au centre
des discours sur l'école dans les quartiers populaires, les questions
de «violences scolaires» ou de «déscolarisation» dominent la scène
à partir des années 1990, surtout à propos du collège présenté
comme le «segment» où se concentrent les difficultés de l'école.
Une attention nouvelle est ainsi portée aux processus de ruptures
scolaires qui touchent d'abord des collégiens issus de milieux
populaires.
Dans ce livre, les auteurs reconstruisent les parcours de ruptures
scolaires de ces collégiens et analysent tour à tour l'effet de plusieurs
dimensions : la précarité et les ruptures familiales ; les difficultés
scolaires où se nouent apprentissage scolaire, conflits avec
les enseignants, sanctions de l'institution ; la sociabilité juvénile qui
oscille entre l'isolement et l'attraction du groupe de pairs. Refusant
la vaine quête d'une cause unique, ils insistent sur l'articulation entre
ces différentes dimensions et montrent l'enchaînement des processus
au sein de plusieurs parcours de collégiens.
S'appuyant sur une enquête intensive de deux ans, ce livre aborde
des questions qui taraudent en profondeur l'école et alimentent
le débat sur le «collège unique». Il apporte aussi des connaissances
fines sur la dégradation des conditions d'existence d'une fraction
des familles populaires et sur ses effets en termes de scolarisation et
de socialisation. Il s'adresse à tous ceux qui sont concernés par
les questions scolaires et sociales ainsi qu'aux étudiants et chercheurs
en sciences sociales et en sciences de l'éducation.