Sonate pour un espion

«Maxime était obsédé par l'homme qui se cachait derrière le masque
de Leos. Il n'arrivait pas à l'imaginer. Il n'avait aucune silhouette pour
s'y raccrocher, juste un pseudonyme et une petite musique. Il avait
essayé de réfléchir sur les raisons qui poussaient Leos à jouer ce jeu,
à trahir son pays.
"Trahir" était un mot tabou dans les services. Il se souvenait d'avoir
lu, dans un roman d'espionnage, toute une déclinaison des raisons qui
pouvaient conduire un homme à la trahison : la révolte, l'argent, l'ego,
le jeu, l'aventure ou la tentation suicidaire.»
C'est une force sourde qui a poussé Leos à transmettre à la DST
des informations cruciales sur les espions tchécoslovaques en poste à
l'Ouest. À un moment décisif de la Guerre froide, à quelques mois de
l'implosion du bloc communiste, ces renseignements - de très grande
qualité - vont permettre à la DST de frapper lourdement les services
tchécoslovaques.