La naissance de la presse au XVIIe siècle : Le Mercure français

Quatre cents ans après sa première publication, le Mercure françois
demeure largement méconnu. Très peu étudié par les historiens de la
presse, il est pourtant le premier périodique français. Ce titre est couramment
attribué à la Gazette , qui lui est bien postérieure. Il semble même
que le grand succès rencontré par celle-ci condamne le Mercure à rester
perpétuellement dans son ombre. Encore aujourd'hui, lorsqu'il est
évoqué, les erreurs et imprécisions à son sujet sont fréquentes. L'auteur
se propose de combler ces lacunes, au moins partiellement, en faisant
du Mercure un objet d'analyse spécifique qu'il place à la croisée de
plusieurs champs d'études, telles l'histoire de la presse, l'histoire culturelle
et l'histoire politique. Il en révèle l'importance, sans doute
fondamentale pour le système d'information en France.
Depuis l'assassinat d'Henri IV jusqu'à la Fronde, la monarchie élabore ses
premiers outils de communication, en faisant du Mercure françois son
organe officiel principal jusqu'à la décennie 1630. Dans ce contexte, ce
périodique porte un témoignage exceptionnel sur les événements
majeurs et mineurs de la première moitié du XVII<sup>e</sup> siècle. Autant de
renseignements précieux ne sont pas sans susciter de nombreuses interrogations
: quelle est la place de l'information en France ? Quel est son
impact sur la société et sur la pensée de cette période ? Le Mercure est-il
le vecteur d'un discours politique visant à encadrer l'opinion ?
S'inscrit-il dans la propagande organisée par le génie de Richelieu ?
Les questions abordées par le Mercure étant surtout de nature politique,
les réponses et les matériaux publiés sont destinés à un public
français et européen que le journal cherche à influencer, voire à orienter
en faveur de la France. Cette dernière s'impose alors comme un
opinion leader aux ambitions continentales.