Pour un communisme végétal. Vol. 2. Les métaphysiques sacrificielles comme maintien de l'ordre cosmopolitique

Les métaphysiques sacrificielles comme maintien de l'ordre cosmopolitique
Il nous faut reconsidérer les métaphysiques successives comme l'articulation des trois moments de l'être, de l'apparaître, et de l'évaluation du rapport entre cet être et cet apparaître : quelles entités sont et comment se détermine l'être de ces étants (ontologie), à quels foyers d'apparaître apparaît cet être (phainologie), et comment se mesure le rapport entre l'être et l'apparaître (logologie).
Une métaphysique sacrificielle tend à enfermer le rapport logologique entre l'être et l'apparaître dans une grande pince divine de prévisibilité : l'être est destiné au seul foyer d'apparaître humain, l'homme prométhéen, et seul ce foyer humain serait capable de faire apparaître un monde. Mais si l'on prend au sérieux l'hypothèse communiste que toutes les forces de vie sont des foyers d'apparaitre à égalité, alors cette pince apparaît comme une véritable police de maintien d'un ordre hiérarchique, incapable de penser les éclosions de nouveauté apportées par toutes les forces de vie.
Les autres forces en vie non humaines s'insurgent comme les incomptés qui désirent suspendre la police cosmopolitique de nos schèmes sacrificiels, non pour remplacer les humains au sommet du monde, mais pour leur restituer leurs propres puissances d'agir. Pour une extension, communiste et végétale, du domaine de l'agir en commun.