Pas plus sage qu'il ne faut

Au plafond de son cabinet de
travail, sa "librairie", Montaigne
avait orné poutres et solives d'inscriptions
grecques et latines, soixante-cinq
au moins, réparties sur deux
couches. Ces sentences sceptiques,
bibliques, souvent poétiques, railleuses
parfois, toujours hostiles à
l'orgueilleux, au savant et au sage
autoproclamé, rappellent que la science
offerte par les livres n'est que
vanité, amas d'incertitudes, et qu'à
défaut de s'instruire, du moins peut-on
"s'essayer" à penser.
Ce florilège de courtes phrases, traduites
et présentées par Alain Legros,
ouvre de façon peu commune sur
l'intimité d'un penseur, éclairant
de l'intérieur les textes des Essais , et
permet d'approcher différemment un
philosophe qui allait de "la plume
comme des pieds" et qui, s'il aspirait à
la sagesse, la voulait "gaie et sociale".
Stéphanie Devaux, Denise Luc et
Jean-Marie Dommeizel ont pris des
cours de calligraphie auprès de
Laurent Pflughaupt. Les élèves et "le
maître" ont décidé de mettre en
commun leur talent pour donner ici,
chacun à leur tour ou ensemble, leur
interprétation des sentences choisies
par Montaigne.