Château et guerre : actes des Rencontres d'archéologie et d'histoire en Périgord les 25, 26 et 27 septembre 1998

Ces belles constructions, ces murs puissants, ces hautes tours, ces inquiétants
machicoulis, ces indispensables crénelages, tout ce harnois de guerre, en pierre,
n'ont pas beaucoup servi : ils sont comme des épées qu'on ne tire jamais de leur
fourreau. Et si, par rencontre, on apprend par les textes que l'un d'eux a subi un
assaut au cours de telle expédition militaire, il arrive que l'archéologue n'en trouve
pas trace. (...) Le plus souvent, comme il arrive au célèbre château de Bonaguil
- très tardif, je le sais, mais qui ramassait tous les perfectionnements de la défense
médiévale - ces forteresses n'ont pas été vraiment menacées. Après tout, elles avaient
sans doute atteint l'un des buts visés par leur constructeur : la dissuasion, montrer
sa force pour ne pas avoir à s'en servir...