En attendant la fin du moi : sonnets

Sonnets. C'est un livre de sonnets. Dans une forme qui n'a de classique que le moule,
hérité d'une tradition toujours vivante - la preuve -, l'auteur, hanté par la grande
Moule cosmique, livre une manière de chronique au jour le jour, pleine de dérision
et d'amers sarcasmes, de ce monde martyrisé et sans perspectives, mais non sans
aspirations désespérées, qui est le nôtre en cette première décennie du siècle.
Réactivant une autre tradition, celle du poème adressé, il dialogue avec l'ami Pierre
- Pierre Garrigues, de Tunis, fin sonnettiste -, avec qui il échange presque quotidiennement
ces sonnets par e-mail. Poèmes sans tabou aucun, ils disent l'émerveillement à
répétition devant les femmes croisées dans les bars du quartier (Paris 20<sup>ème</sup>) ou partout
ailleurs, et le désespoir de les saisir jamais. Car le poème est un ghetto où le désir
forge son propre miroir aux alouettes, même s'il finit par bâtir aussi un monde, tout
un petit monde bas, insurgé et mélancolique sous ce qui reste d'étoiles, où se réfracte
quelque chose du réel aimé.