Introduction historique à l'étude du droit musulman chaféite des Etats francophones de l'océan Indien : République de Djibouti-Union des Comores

Introduction historique à l'étude du droit musulman chaféite des Etats francophones de l'océan Indien : République de Djibouti-Union des Comores

Introduction historique à l'étude du droit musulman chaféite des Etats francophones de l'océan Indien : République de Djibouti-Union des Comores
Éditeur: Balzac éditeur
2015517 pagesISBN 9782373200027
Format: BrochéLangue : Français

Le droit musulman chaféite, une des quatre disciplines juridiques du

sunnisme, demeure droit positif dans des territoires dominés un temps par

la France et concrétisés aujourd'hui dans l'existence de deux micro-États

musulmans qui ont la langue française et le chaféisme en partage : l'Union

des Comores et la République de Djibouti.

La Sharia , corps de droit à prétention universaliste, est, avant tout,

droit de la famille et c'est au sein de cette dernière que l'Islam chaféite

continue d'inscrire son particularisme, lié à la spécificité de la Révélation

coranique et aux constructions jurisprudentielles de l'imâm Chaféi et de

ses disciples : les Codes de la famille promulgués en 2002 à Djibouti et en

2005 aux Comores demeurent à cet égard des marqueurs d'identité.

Le droit musulman de l'Océan indien francophone demeure cependant

un corpus juris unitaire dans ses grands traits, mais son abord doit emprunter

les chemins de l'histoire, car il est en réalité l'aboutissement d'un véritable

synchrétisme entre la Sharia chaféite initiale qui, si elle domine les deux

constructions de l'Océan indien francophone, a été associée à certaines

coutumes locales et au droit international conventionnel. Les deux Codes

sont donc composites et ce particularisme est plus ou moins sensible selon

les institutions légiférées.

Leur étude présente un grand intérêt pour la «francophonie juridique» :

ces Codes de la famille sont les premiers monuments législatifs musulmans

à avoir été promulgués en langue française ; la Sharia n'avaient jusqu'alors,

dans l'espace de l'OIF, fait l'objet que de traductions officielles en français.

Le droit international privé est ainsi partie prenante de cette promotion de

la langue de la République, car la nécessité, pour les tribunaux français,

d'accéder au contenu de ces monuments législatifs, s'impose en cas de

conflit de lois, dès lors que le litige présente un élément d'extranéité

djiboutien ou comorien.

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