Hobo Namsong

Michel Jourdan appartient à la famille des
Henry David Thoreau, John Muir, John
Burroughs et des Everett Ruess qui prennent
les mots à leurs jambes, à leurs yeux comme
à tous leurs autres sens. Chez eux, la littérature
commence dans les talons.
(...) Le temps bref d'un visa, le pèlerin
d'Extrême-Orient a rapporté un haïbun , à la
façon de son autre modèle japonais Matsuo
Basho, c'est-à-dire un récit de voyage émaillé
de haïkus. Il a intitulé ce carnet de bambou :
Hobo Namsong. Si Hobo fait notamment référence
au qualificatif traditionnel dont on
affublait les sans domicile fixe aux États-Unis
(ces Kerouac ou McCandless qui se
cachaient dans les trains de marchandise
pour voyager à l'as), Namsong est un toponyme
laotien qui signifie littéralement la
rivière Song. Mais rien n'empêche, bien
évidemment, le lecteur de flâner dans ces
quelques mots et de songer que sais-je ? au
«chant» de «la rivière» ou à un paysage de
peintre de l'époque «Song».